Société

L’île des naufragés : des histoires traumatisantes échouent sur les côtes de Gökçeada

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Avec ses grandes plages couvertes de cerfs-volants, cette petite île turque de 11 300 habitants en mer Égée est de plus en plus prisée par les touristes. Mais « derrière les photos de vacances, se cache une autre Gökçeada », résume Balkan Insight. Au-delà des oliveraies centenaires et des chèvres « plus nombreuses que les habitants », le journaliste indépendant Georgi Totev raconte l’histoire complexe de l’île et ses multiples visages à travers le parcours de cinq insulaires.

En plus des nombreux Turcs et Kurdes venant « des coins les plus reculés du continent », il y a Violeta et Christos. Leurs vies incarnent le passé et l’avenir grec de Gökçeada : d’abord ottoman, cet îlot « mentionné dans l’Iliade d’Homère » est récupéré un temps par la Grèce, avant d’être cédé à la Turquie en 1923. Né sur Gökçeada, Christos est revenu sur son île natale après que sa famille en fut chassée dans les années 1990. Violeta représente quant à elle une nouvelle génération de Grecques installés sur l’île grâce à un assouplissement récent des restrictions visant leur culture.

Puis, il y a Raif et Kaniye. Ce couple âgé de fermiers vit dans le « village bulgare » de Gökçeada, où ils n’ont pourtant jamais voulu venir. Issues de la minorité turque de Bulgarie, tous deux racontent le nettoyage ethnique qu’ils ont subi dans les années 1980 par la Bulgarie communiste, les expulsant vers la Turquie. Raif et Kaniye louent l’accueil et le soutien des habitants de l’île, mais le couple regrette de finir leurs jours loin de leur pays.

Et puis il y a Mahmoud, la trentaine, qui a quitté l’Afghanistan pour une meilleure vie en Europe. Mais alors qu’il n’avait jamais vu la mer avant, il « s’est découvert une passion pour le kitesurf en cours de route » en travaillant sur Gökçeada. Un long reportage intimiste et captivant, alternant entre les cinq protagonistes, et sublimé par de magnifiques photos.

Un résumé de Théo Sire
Journaliste à Basta!