Réunis dans une salle de réunion banale de Strasbourg, la vingtaine de travailleurs sociaux se penche sur les vies fragiles d’enfants perdues entre les frontières : « Ce lundi, ils tentent de démêler le cas d’une fillette de dix ans éloignée de sa mère en France, placée chez son père en Suisse puis confiée à ses grands-parents en Allemagne. »
À travers cet exemple, Rue89 Strasbourg illustre les raisons qui ont poussé ces « assistants sociaux, responsables de foyers et encadrants d’éducateurs » de France, d’Allemagne et de Suisse à se réunir chaque trimestre depuis 2014. Car, malgré leur suivi par les services sociaux d’un pays, certaines enfants victimes de violences « disparaissent des radars » lorsqu’iels traversent les frontières. Dans le cas de la fillette, « la mère – pourtant privée de la garde en France – a récupéré l’enfant » sans que les pros comprennent pourquoi.
Ce groupe informel, né « à l’initiative de professionnels de terrain lassés de voir les dossiers transfrontaliers se perdre dans les méandres administratifs », permet alors à des systèmes de protection de l’enfance très différents de coopérer. Un modèle efficace et nécessaire, au point que Rue89 Strasbourg y voit « l’avenir européen de la protection de l’enfance » ! Mais le média local relaie aussi les difficultés dont témoigne le groupe. En plus des différences culturelles sur les priorités de l’enfant, les participants peinent à convaincre leurs employeurs d’y accorder du temps et des moyens.